Top 2007

 

Il y a six mois, sur la première mouture de Retour Sur, nous établissions notre top 2007. Certaines choses ont changées, par exemple on a vu Paranoid Park depuis et on a revu les deux Election, d’autres se confirment : le Gray nous apparaît toujours aussi grand.
Il y a six mois nous faisions remarquer la pertinence de ne pas participer à une plaisanterie tel que le classement de fin d’année. On n’a pas changé d’avis. C’est toujours aussi marrant. Et bancal. Puisque nous n’avons pour ainsi dire vu aucun des films asiatiques que nous avions manqués.
Néanmoins puisque tous ces films doivent aujourd’hui être disponibles à la vente, revoilà le top 2007.

 

 

L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, d’Andrew Dominik
Où Brad Pitt, barbu, enfouit dans une fourrure, nous livre un personnage crépusculaire au sein d’une longue fable naturaliste sur la place du discours. On reconnaîtra ceux qui ont du goût de ceux qui ont des appétits.
Eastern Promises, de David Cronenberg,
Où il est démontré que l’intégrité est un comportement aliéné. Flippant et grand.
La nuit nous appartient, de James Gray,
Où l’on ne baise jamais.
Death Proof, de Quentin Tarantino,
Où le féminisme est traité au niveau du machisme, avec la même hype, avec le même constat piteux.
Paranoid Park, Gus Van Sant
Où les fureurs d’une douche (sic) est plus signifiante qu’un livre entier de Camus.
My Blueberry Nights, de Wong Kar-Wai,
Où il ne se passe rien en dehors d’un cadre qui accroche la beauté au détour d’une love story sans intérêt. Peut-être l’absolu d’un cinéaste qui a – jusqu’alors – considéré avec beaucoup de sérieux l’amour.
Zodiac, de David Fincher
Gerry est un monde seventies dans lequel on tourne autour du pot avec la même envie de rejoindre l’autoroute, au passage d’une épure de la mise en scène.
28 semaines plus tard, de Juan Carlos Fresnadillo
Où le zombie sportif trouve pour la première fois sa légitimité.
Le Rêve de Cassandre, de Woody Allen,
Où le christianisme toujours gagne, non sans avoir coupé des têtes lors de ces plus fâcheux égarements.
Election 1 & 2, Johnny To
Où l’on transfigure beaucoup. Un récit. Un personnage. Un propos. Mais l’où ne pose jamais la bonne vieille machette.

 

 

On retiendra la bonne forme du néo-classicisme américain, tant celui des anciens – Gray – que celui des nouveaux venus – Cronenberg, Dominik.
La bonne forme des anciens tout court : Kar-Wai et Lynch donnant une leçon de mélo au grand continent, Tarantino signant son meilleur navet.
On félicitera le nouveau-né
Syndromes and a century. Une bonne chose en soi – paraît-il. Mais on félicitera surtout le vieux Resnais de ne pas avoir fait de film cette année. Merci.
Allen poursuit sa renaissance en dent-de-scie avec, dans ce film old-school ironisant sur le social, une bonne pioche en 2007. Johnny To tire trois fois dans le cœur de la cible –
Election 1 & 2, Exiled – faisant frémir ceux qui l’avaient ignoré jusqu’à présent.
Kubrick est toujours mort en 2007.
Friedkin tremble de rage et de fatigue, son
Bug accuse de l’un et de l’autre.
Harry Potter se voit offrir une cinquième illustration. Le film offre surtout celle de la suprématie des mots. Smokin’aces ravi aux Simpson la critique aigue des Etats Unis, pendant que Crank ridiculise Snyder et son 300 au rayon cartoon décomplexé.
Plus loin vers la gauche l’Asie se porte à merveille : pas moins de deux Kim Ki-duk cette année, un Apichatpong, un Wong Kar-Wai, un Jia Zhang-Ke, un Tsai Ming-Liang, un mauvais Park Chan-Wook, un Yimou –
La Cité Interdite – qui prouve à lui seul combien My Blueberry Nights est subtile. J’en passe.
Au niveau des doublons, Ridley Scott nous assure par deux fois qu’il possède toujours aussi peu de talent que son frère (c’est
très peu) et Rodriguez a toujours aussi peu d’estime pour le cinéma. Et pour le sien en particulier.
Pendant que Coppola prépare la naissance d’un immortel, son neveu prépare l’enterrement d’une époque fertile et crédible –
crédible surtout semble être le bon mot en comparaison – avec les extraordinaires Wicker Man et Ghost Rider. Des leçons de cinéma par l’absurde.
Une année en patchwork donc, à l’image des accents d’
Eastern Promises. Et surtout une bonne année pour la lubricité américaine avec, sans exhaustivité, Little Children, Black Snake Moan, We Own The Night. Rien en comparaison du Lust Caution à venir.
2007, c’est aussi une année en moins vers le prochain Malick.

~ par retoursur le juillet 27, 2008.

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