Les Plans Cul 2007

Little Children

Todd Field, 2007

 

 

Il en faut parfois peu pour qu’un film s’attire une immense sympathie. Certains ne se sont toujours pas remis de ces robots géants qui se transforment en bolide. Personnellement une scène de cul possédant un motif cinématographique me suffit. Il y a peu je lisais encore une énième référence à la scène de l’escalier d’History of Violence. Et puis je me souviens tendrement encore du plan introductif de We Own The Night
Mais bref, lorsque fut écrit cet article pour la première fois – on était alors en 2007- je faisais remarquer l’opportunité de son titre sur un blog qui ne comptait qu’une dizaine de visiteur. Je réitère la formule : il y a un peu de racolage ici.

Mais passons. Quant on voit à quel point la majeure partie des films peinent à construire une vraie tension dramatique dans leur scène, il est intéressant que certains y parviennent, et y parviennent au sein de scènes sexuelles qui plus est. Attention, on ne met pas en avant ici des scènes du cul bien filmées comme on peut le voir faire souvent avec les scènes d’action, car il n’est pas question de couper dans l’œuvre et d’y extraire quoi que ce soit ou de s’étendre sur l’érotisme de certains plans au profit d’autres.
Une scène réussie peut l’être en soi mais
doit l’être au sein de l’ensemble. Un film malade résiste précisément à lier ses parties. Et un film qui n’en lie aucune se nomme un film X.
Rien d’équivalent entre le voyeurisme de Eyes Wide Shut et d’une Emmanuelle.
Le cru de
Little Children, puisque c’est lui le gagnant de 2007, n’est pas plus comparable à celui deShortbus (bon film au demeurant).

Little Children gagne donc cette palme.

Dans ses trois ou quatre scènes hot Todd Field synthétise au mieux la relation des personnages, tant la froideur de leur environnement – inhospitalier comme les lieux où ils s’ébattent – que le caractère inhabituel de leurs actes aux formes d’un briseur de quotidien (les lieux sont aussi peu propices à leurs activités sexuelles que strictement familiers).
Le caractère plutôt sans gêne et crue de leurs ébats appelle ce que confirmera la fin du film : palliatif sans affection, leur relation est accessoire et cache/bouscule un désordre métaphysique dont l’enjeu est avant tout soi-même. Les modalités de la rencontre le montrent : c’est avant tout pour soi qu’on va vers l’autre. Rien qui rappelle un sentiment ou même une pulsion ne rentre en compte. On fait d’ailleurs peu cas de ces scènes d’ébats, certaines arrivent et meurent sans transition. Elles sont un trou dans le quotidien qui n’a de valeur que toute relative à la teneure de ce quotidien. Lorsque le champ cesse d’être bombardé, le trou n’est plus qu’un accident du paysage.
Bref, ces scènes sont marquantes car elles lient mieux que n’importe quoi d’autre les éléments du film, les fantasmes les ambitions des protagonistes. Il suffit de voir le parallèle évident entre ces excursions charnelles et la scène du club de littérature où se lie en pointillé la valeur que Sarah leur octroie.
Pertinent.

~ par retoursur le juillet 14, 2008.

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